Le collectif “Pays de Gex-Refuge” une interface pour l’accueil des migrants

Un collectif local en relais de l’Etat : c’est l’esprit du groupe gessien qui s‘est formé en réaction à la vague de migrants du Proche Orient. Le collectif “Pays de Gex-Refuge” veut mettre en commun les moyens et compétences des Gessiens dans l’accueil de ces populations.

« Nous sommes le complément de deux interlocuteurs impossibles à éviter, qui sont l’État et les communes. L’État va choisir combien on donne de réfugiés, et les communes diront combien de places elles ont », résume Alex Décotte. Le collectif interviendra donc juste après les institutions, comme une sorte d’aiguillon.

« Ces gens vont avoir un logement qu’on va leur remettre gracieusement. Au moment où ils vont rentrer dedans, ils auront sans doute besoin de vêtements, de jouets pour les enfants, de petites sommes qui n’arriveront pas forcément par les aides d’État, et surtout de relais. »

Aider les mairies à trouver des solutions

Avec ici une particularité du Pays de Gex : sa proximité avec Genève. « Quand les gens vont demander un interprète, la Préfecture va sûrement les envoyer à Saint-Trivier-de-Courtes », ironise Alex Décotte. « Alors qu’il y en a pléthore de l’autre côté de la frontière. Il y a des associations, des collectifs, notre collectif, qui vont pouvoir se charger de faire ça. On a déjà reçu deux propositions de personnes pour faire de la traduction. »

Le nouveau collectif va, au fil des prochaines semaines, se rapprocher des mairies, et de toutes les mairies… Celles qui ont déjà dit “oui” à l’accueil de familles (lire en repères) et les autres qu’il reste à convaincre. Le collectif va tenter de chercher, puis de leur montrer, que des solutions existent sur le territoire.

Si les mairies sont contre philosophiquement, qu’elles le disent. En revanche, il faut arrêter de dire qu’elles ne peuvent pas », font remarquer les membres fondateurs du groupe.

Une prise de position qu’eux-mêmes ont adoptée comme un sursaut. « C’était début septembre, au moment de la Journée des associations de Ferney. On a fait le tour des stands pour parler du sujet. On en a pris plein la figure… Avec des questions : “Pourquoi loger ces gens alors que dans le Pays de Gex on a nous-même des difficultés à trouver un logement ?”», rapporte Jean-Pierre Herrera. Et Décotte de compléter : « Heureusement, on est tombé sur les cinéastes, Hervé Gransart et Michel Frère, qui se sont mobilisés tout de suite ». Le collectif était né.

Aujourd’hui, et après une première réunion, “Pays de Gex-Refuge” compte une trentaine de membres. Ce nouveau groupe permettra de coordonner les activités entre les communes qui s’engagent. Et de rallier ceux qui veulent et peuvent aider, d’une manière ou d’une autre, ces populations qui fuient leur pays.

PDGR DL

Jean-Pierre Herrera et Alex Décotte souhaitent que le collectif “Pays de Gex-Refuge” devienne une interface entre l’État, les mairies, les Gessiens et les familles de réfugiés accueillies sur le territoire.

Les positions des communes

Il y a celles qui sont déjà dans ce processus d’accueil, comme Sauverny qui héberge une famille depuis un an. Ou Divonne qui s’apprête à le faire.Ferney a aussi donner du travail à deux papas. Le reste de leurs familles est dans un centre, dans l’attente de les rejoindre. Leur prise en charge s’organise à Ferney.Par ailleurs, St-Genis a annoncé qu’elle accueillerait deux familles. Chevry également.D’autres communes ont adopté une position favorable, mais sans proposition concrète. Le manque de logements est un frein. Mais on s’aperçoit que l’initiative vient souvent de particuliers.

Par Catherine MELLIER / Dauphiné Libéré  | Publié le 25/09/2015